Pas besoin d'aller chercher plus loin que le CNRTL pour avoir la confirmation de ce qu'est un drapeau : "pèce d'étoffe portant les couleurs, les emblèmes d'une nation, d'un gouvernement, d'un groupe ou d'un chef et qui est attachée à une hampe de manière qu'elle puisse se déployer et flotter pour servir de signe de ralliement, de symbole."
Comme symbole d'une appartenance à un lieu, une région, un pays pour un tas de "les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part" comme le chante Georges Brassens, que je n'apprécie pas tant que ça, et pourtant cette chansonnette résume bien l'effet drapeau qui, selon l'humeur, me désole, m'énerve, me crispe, etc. Ah le nationalisme quelle plaie !
J'aime bien les pavillons de marine qui, accrochés les uns aux autres, forment le grand pavoi que l'on envoie pour fêter quelque chose, on pavoise. Isolément chaque pavillon correspond à une lettre et/ou une situation. Par exemple le pavillon jaune signifie qu'il y a une maladie contagieuse à bord, l'envoyer est un moyen idéal pour ne pas se faire aborder par un fâcheux quand on est au mouillage. A part ces pavillons qui servent à communiquer sans voix… foin de bannières, gonfanons et autres drapeaux symboliques.
Banksy est un malin qui a l'art, au propre comme au figué, de décrire les malheurs de notre temps ; il y a fichtrement bien réussi avec une sculpture assez monumentale exposée à Londres sur la place Waterloo, dans le quartier de St James’s au plein mitan d'autres représentations de la monarchie et de l'impérialisme. Pile poil au bon endroit.

L'homme aveuglé par son drapeau ! et qui va se casser la gueule en fonçant dans le vide… qu'ils y songent un peu les "les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part". Ceux qui ne veulent pas voir d'aliens débarquer chez eux… d'ailleurs ils le gueulent bien fort : "on est chez nous". "On est chez nous-on est chez nous" qu'ils hurlent tout joyeux en espérant peut-être casser du nègre, du raton comme ils disent, du pas comme eux quoi… gueuler contre des migrants pauvres et épuisés par un parcours d'épouvante c'est bien plus facile que de s'attaquer à des investisseurs, à l'argent pas toujours très propre, qui s'empressent d'acquérir nos entreprises, nos clubs de sport, nos sociétés informatiques ou encore de défense. Halala… et pourtant c'est dans ce domaine de souveraineté qu'il faudrait lutter quand on se prétend nationaliste. Les entreprises peuvent être multinationales, leurs dirigeant domiciliés dans des pyas mollassons sur l'imposition des grandes fortunes, là plus personne pour gueuler "on est nous" !
Combien de personnes sur cette petite planète peuvent se targuer d'un sang pur et d'une appartenance immémoriale à un territoire ? ce fameux sang pur qui fait déferler des torrents de haine, de massacres, d'appropriations par des violences inouïes le lopin du voisin ?
Tous les conflits mortels ou les manifestations bruyantes de hordes chauvines actuellement en cours sont le fait d'aveugles au drapeau ; quel dégoût, quelle affliction d'être de la même race de mammifères que ces engeances nationalistes cocardières et xénophobes.
Il n'avait pas tort le vieux Brassens :
C'est vrai qu'ils sont plaisants, tous ces petits villages,
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages,
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est d'être habités.
Et c'est d'être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts,
La race des chauvins, des porteurs de cocardes,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour tout's sur leur clocher,
Qui vous montrent leurs tours, leurs musé’s, leur mairie,
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher.
Qu'ils sortent de Paris, ou de Rome, ou de Sète,
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar,
Ou même de Montcuq, ils s'en flattent mazette,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
Le sable dans lequel, douillettes, leurs autruches
Enfouissent la tête, on trouve pas plus fin,
Quant à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches,
Leurs bulles de savon, c'est du souffle divin.
Et, petit à petit, les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux, même en bois, rend jaloux tout le monde,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
C'est pas un lieu commun celui de leur naissance,
Ils plaignent de tout coeur les pauvres malchanceux,
Les petits maladroits qui n'eur’nt pas la présence,
La présence d'esprit de voir le jour chez eux.
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire,
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares,
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
Mon dieu, qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on n'y rencontrait cette race incongru’,
Cette race importune et qui partout foisonne :
La race des gens du terroir, des gens du cru.
Que la vi’ serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant ces jobards
Preuve, peut-être bien, de votre inexistence :
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part,
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.
6 juillet 2026