Ah le complot ! Le complot c'est pas compliqué…

Pour être bien au poil comme il faut un complot ça doit être formé, ourdi, tramé, fomenté ; de la conspiration bien secrète avec des ramifications par-ci par là selon le besoin des fomentateurs, ourdisseurs, trameurs fabricants en gros d'intentions de nuire.

Monsieur mon copain le Littré précise que ce mot est aussi un terme de droit qui résume la résolution concertée pour un attentat politique. En jargon militaire, c'est un rassemblement pendant une bataille, un combat. Avec un peu d'extrapolation, il devient idéal pour signifier une entente sensible entre un acteur et son public. Voilà notre complot sur la ligne de départ. Quand j'écris "notre complot", faut pas se méprendre ! Je n'ai jamais comploté plus haut qu'un piquage de billes surtout les belles agates… Ah, et puis j'ai fomenté des tours pendables à des profs qui les avaient bien mérités… j'ai raconté des craques à mon frangin pour lui échanger ses pièces blanches contre des jaunes, l'était devenu tout pauvre en trois jour le gamin… faut que j'arrête de chercher, je vais probable en trouver des encore plus moches, plus bas voir même carrément vils, glissons stratégiquement…… 

A l'arrivée, il y une ou des victimes si le complot réussit. A coups de bombe, ça fait du mort ; à coup de calomnies, ça peut aussi selon la solidité morale de l'attaqué. Bref normalement ça fait mal car inventé dans l'intention de nuire bien gras. 

Sauf que, il me semble qu'on oublie facile le cas du terrible complot visant à offrir, proposer, prêter, donner quelque chose à quelqu'un qui en rêve sans possibilité de l'atteindre. Un complot peut-être bénéfique à la victime qui se trouve d'un coup changée en joyeuse drillette.

Tout ça, dans la bonne ou la mauvaise intention, c'est du bon complot qui tient la route, ses promesses et tout.

Après quoi, il y a le complot qui surgit opportunément dans le bec large ouvert d'un clampin quelconque qui se retrouve avec quelques emmerdes bien senties sur les endosses. Il gueule en grand que c'est un complot et hop, passez muscade, circulez, y a rien à voir. Un peu simplet la défense. User de cet artifice signifie forcément se reconnaître des ennemis, pas glorieux mais salvateur le coup du complot. Enfin salvateur, je ne sais pas. Du côté de la justice officielle avec tout son tralala de juges, avocats, expertises et contre du même nom, qu'il y a bien de quoi payer d'excellents bavards dans la tirelire peut-être… du côté de cette bulle impalpable et versatile qu'est l'opinion publique, c'est moins gagné parfois.

Imaginez un truc de ouf que ça se peut pas que ça arrive.

Un type très-très-très haut placé, pas plus que vous et moi, c'est une image pour dire qu'il a réussi à se poser peinard dans une administration internationale. Il a tout loisir de se promener un peu partout, de descendre dans de beaux hôtels, de dîner fin en discutant joyeux avec ses potes de la stratégie idéale pour asservir un pays au profit de financiers avides..… quand je vous dis que c'est pure fiction……

Or donc, voilà t-il pas que le type, mais qu'est-ce qu'il lui prend nom d'une pipe… euh non, pas une pipe…… nom de autre chose… dans sa chambrette cossue ? Et bien je vous le donne en mille, il saute tout nu sur une dame qui passait par là avec son plumeau à poussière ! C'est une fiction vous dis-je.…

La dame très pas contente, on le serait à moins, fait tout un pataquès et le type, aïe… les menottes et tout le toutim.… Et bien ça, ça serait un complot exemplaire, si-si !  Du coup, bizarre découverte dans la saumure, il y aurait de même une affaire de filles de joie qu'en vrai ça serait seulement que de "la marchandise"… toujours est-il qu'elles râlent aussi. Un petit espoir néanmoins, le portable disparu ça peut faire preuve d'innocence. Ah bon ? C'est mince, non ? Un portable aux chiottes plus tirage de chasse d'eau..... plouf dans l'Hudson… splac sous les roues d'un camion… possible aussi…

Non, faut pas s'y tromper, se laisser abuser par des racontars, tout ça c'est complot et compagnie ; ce bougre de type est un charmant monsieur qui passe toujours devant à l'entrée du restaurant pour avoir le plaisir de payer l'addition, qui tient la porte aux dames, qui dit merci et au revoir, qui ne se mouche jamais dans les rideaux bref un brave homme..…

Et de se répandre : "Ouinnnn ! C'est une cabale politique infâme, malhonnête et infondée, vous allez voir ce que vous allez voir !! Savez pas qui je suis hein ! J'vais vous les astiquer moi les cabaleurs, ah !!!"

Le complot, le complot, le complot vous dis-je eut pu scander le père Molière.

Et ben ? Faut pas qu'y s'énerve le p'tit père, y f'rait mieux de reprendre un peu de pâtes aux truffes avec un p'tit coup de Cheval blanc, ça lui remonterait le moral à ce cabalé…

Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé, etc…… Ouf… heureusement que c'est de la fiction tout ça… ça serait trop pas bien ; quelle imagination qu'elle a cette goupil !

17 mai 2012

 

 

 

Les travailleurs et les travailleuses. Ceux et celles qui travaillent, qui exercent une activité rémunérée.

Du boulot de merde précaire à mi-temps au confortable pantouflage dans une grande banque ou chez un marchand de béton, ça en fait du monde qui bosse, qui a un vrai boulot et qui travaille vraiment… quoique les pantouflards, j'suis pas sûre hein…

Aujourd'hui c'est la fête des travailleurs-euses… 

Ça vient d'une lointaines Amérique. Chicago, une manifestation monstre d'ouvriers, des anarchistes aux premiers rangs, en 1886 après deux ans de lutte sans succès pour obtenir une journée de travail de huit heures.

Paraîtrait qu'il y avait une journée du travail respectée après notre révolution de 1789.

Coup d'envoi et feu sur les travailleurs à Fourmies, premier 1er mai de notre histoire, en 1891 c'était.

Bref, on fête les travailleurs le 1er mai, pas le travail ! Encore heureux, fêter un asservissement serait un comble que Pétain n'a pas hésité à transgresser ; à chaque fois qu'il faut en faire une grosse, il est présent au garde-à-vous celui-ci, arf……

Que vous soyez travailleur, fainéant, chômiste, retraité, n'importe quel état qui ne soit pas celui d'un gros salopard qui, non content de profiter du boulot des autres sans en foutre une rame, se permet de faire des raisonnements iniques, je vous souhaite :

BONNE FÊTE DES TRAVAILLEURS !!!

 

muguet_Paul_site5997

 

Moi je file au défilé tirer la langue aux puissants qui ne le sont que parce qu'on les laisse faire…  Scrogneugneu……

30 avril 2012

 

 

 

C'est pas que j'en sois si fière mais… j'ai migré ! Presque. Mon site a migré d'un serveur à l'autre. Ce qui a eu le don de m'entraîner dans des rêveries insensées. Le caniche rouge sautait d'une niche à l'autre sans omettre de compisser tout ce qu'il trouvait comme lampadaires sur son chemin cependant que les humains capturés reprenaient leurs libertés diverses, les fleurs étaient fanées et les arbres tombés sous le coup du bûcheron. Les montagnes se promenaient bras-dessus bras-dessous avec les collines en dégoisant sur les coteaux trop fiers pour se mêler à d'autres bossus. Et si les bazars de l'atelier en profitaient pour se révolter de l'étroit dans lequel ils sont confinés ?

Et non, bien sûr qu'il ne s'est rien passé de tel dans ce virtuel déménagement. Ah si ! Ce fut long, habitués que nous sommes à appuyer sur un bouton pour être servi. Il a fallut attendre que toutes les connections veuillent bien se rencontrer et s'accorder. 

Du coup je me demande ce qu'il en serait si je devais migrer mon petit moi ailleurs, quitter mon pays. Je me gratte les tifs, je dubite. 

Dans la vraie vie, c'est comment de migrer ? La plupart de ceux qui le font sont poussés par une obligation impérieuse. Fuir un état de misère, de malheur, de guerre, une famille pourrie, tenter de survivre ailleurs. Pas simple. Et mal accueilli de surcroît le migrant est un fauteur, fauteur de quoi ? Ben de rien mais l'autochtone qui n'a pas la vie qui lui convient reporte si facilement son mal-être réel ou supposé sur l'autre, celui-là qu'est un "pas d'chez nous" bouc émissaire si commode à désigner, plus fragile et sans défense qu'un natif.

Il suffit d'un minimum d'empathie pour ressentir ce que ça doit être que de tout quitter de son début dans la vie, paysage, nourriture, littérature, histoire, us et coutumes pour essayer de se fondre dans un autre genre d'organisation sociétale tout en sachant qu'on sera mal venu, pas accueilli, cantonné aux emplois de base mal rémunérés et assigné à résidence dans des logements qui n'en ont que le nom. Quelques-uns réussissent pour combien qui échouent dans une vie morne sans possibilité, ou courage, ou les deux d'en sortir.

Alors, si je devais migrer… Que de questions se poseraient et comment arriverais-je à surmonter ? Vraiment, je ne m'en sens pas ! C'est peut-être pour cela que je vois le migrant venu dans mon pays d'abord comme un humain avec deux bras, deux jambes, deux yeux, un nez, une bouche… ah et puis oui, deux oreilles ! J'allais oublier les oreilles. Après, si j'ai la chance de le rencontrer, je lui trouve des morceaux pas visibles, un cœur, un esprit, des raisonnements et des réflexions. Il peut m'enrichir de son origine, je peux lui raconter mon pays ; on peut se comprendre et s'accepter dans nos différences qui, loin de nous affronter, nous enrichissent. On peut aussi copieusement s'engueuler.

Oui, d'accord mais bon… t'as vu… celui-ci à volé, celui-là trafique, ceux-là font du bruit, celle-ci est une salope, l'autre là-bas il fait rien qu'à rien foutre ! Bé oui et alors ? C'est bien ce que je dis, ce sont des humains qui ont les mêmes fulgurances, les mêmes beautés, les mêmes bassesses d'où qu'ils viennent où qu'ils aillent. Comme moi, comme lui, comme elle qui sommes natifs d'entre nos frontières.

Et si je tentai de faire une liste de tous les migrants qui ont nourri la culture de mon pays, j'y passerai bien la journée et j'en oublierai. Allez, vite fait et sans jugement de goût ou de valeur… voyons voir… Picasso, Dali, Jankélévitch, Cioran, Offenbach, Montant, Chagall, Ionescu, Vartan, Aznavour, Goscinny, Perec… migrants ou fils, filles de…

Quelque soit le mot accolé à une personne déplacée ou qui se déplace contrainte et forcée, exilée, immigrée, déportée, éloignée, c'est une épreuve douloureuse, pas besoin d'en rajouter une couche en tirant la langue ou pire quand on la croise. Personne n'est à l'abri d'une épreuve pareille.

24 avril 2012