… le défilé des mirlitons avec armes et bagages et instruments de mort encore plus forts et avions de combat et le porte-avion… ha non là c'est pas possible il est encore en panne.
C'est que cette année on est comblé royal grâce à not' bon marquis qui ne cesse d'inviter à nos frais les grands charmants de ce monde ; une petite sauterie à Versailles avec le sieur Poutine qui n'a pas eu de bol d'arriver si tôt il a manqué le beau défilé  bien martial bien guerrier ;  maintenant un appening frappant avec le débonnaire Trump. Et dimanche ce bon Netanyahou vient commémorer une des atroces rafles de juifs dans les années 40 sur notre territoire par nos polices. Il n'a pas de bol d'arriver si tard il aura manqué le beau défilé  bien martial bien guerrier… et même que le petit marquis l'a assené à son chef d'état major des armées : c'est moi que je suis le chef, c'est moi que je dirige, c'est moi que je sabre non mais !
Quelle félicité !  Notre démocratie qui fait tout pareil que les russes, les chinois, les coréens du nord, quelques dictatures africaines ou d'Amérique du sud… un bien beau défilé.
On n'est pas là pour se faire engueuler mais on ne va pas tarder à en prendre sur la gueule des belles armes rutilantes dont on est si fier qu'on en refile à tout le monde sans discriminations. Si ça se vend c'est que ça doit servir un jour ou l'autre.
Ah je préfère chantonner tiens !… en prenant le chemin de chez Satan où l'on obtient des ménagement :

Un beau matin de juillet, le réveil a sonné dès le lever du soleil
Et j'ai dit à ma poupée : "Faut te s'couer!
C'est aujourd'hui qu'il pa-a-sse!"
On arrive sur le boul'vard sans retard
Pour voir défiler le roi d'Zanzibar
Mais sur-le-champ, on est r'foulés par les agents.
Alors j'ai dit :

On n'est pas là pour se faire engueuler
on est là pour voir le défilé!
On n'est pas là pour se faire assommer
on est venu pour voir le défilé!
Si tout le monde était resté chez soi, ça f'rait du tort à la République.
Laissez-nous donc qu'on le regarde
Sinon plus tard, quand la reine reviendra
Ma parole, nous on r'viendra pas!

L'jour de la fête à Julot, mon poteau, je l'ai invité dans un p'tit bistrot
Où l'on trouve un beaujolais vrai de vrai, un nectar de premiè-è-re!
On est sorti très à l'aise, et voilà
que j'ai eu l'idée de l'ram'ner chez moi
Mais j'ai compris devant l'rouleau à pâtisserie
Alors j'ai dit :

On n'est pas là pour se faire engueuler,
on est là pour la fête à mon pote
On n'est pas là pour se faire assommer,
on est v'nu faire une petite belote
Si tout le monde restait toujours tout seul
ça serait d'une tristesse pas croyable
Ouvre cette porte et sors des verres
Ne t'obstine pas ou sans ça, le prochain coup,
Ma parole, j'rentre plus du tout!

Ma femme a cogné si fort cett' fois-là qu'on a trépassé l'soir même et voilà
Qu'on se retrouve au paradis vers minuit devant Monsieur St Pie-e-rre
Il y avait quelques élus qui rentraient
Mais sitôt que l'on s'approche du guichet
On est r'foulé et St Pierre se met à râler
Alors j'ai dit :

On n'est pas là pour se faire engueuler
On est v'nu essayer l'auréole
On n'est pas là pour se faire assommer
On est mort, il est temps qu'on rigole
Si vous flanquez les ivrognes à la porte
Il doit pas vous rester beaucoup d'monde
Portez-vous bien, mais nous on s'barre!
Et puis on est descendu chez Satan
Et en bas c'était épatant!

C'qui prouve qu'en protestant quand il est encor' temps
On peut finir par obtenir des ménagements!

Boris Vian

14 juillet 2017

 

 

… vive le roi !!!
C'est curieux et pas courant qu'un p'tit marquis devienne roi… roi, qu'écris-je ? empereur !… voire pharaon !! voire les deux !!!… du haut de ces pyramides… bla-bla-bla…  il resta cependant prudemment au bas de sa pyramide à lui histoire de ne pas se viander devant la foule ébahie d'avoir cru élire ce produit marquetinge aussi bandant qu'une boîte de ravioli froids vidée dans une assiette sale un soir de spleen.
Au surplus, il serait "jupitérien" le nouveau marquis-roi-pharaon : patron de la foudre donc. Ça serait des plus risible si ça n'était pas d'un pathétique mortifère.
Le privilège des rois modernes cencément régnant sur une démocratie, c'est qu'ils peuvent choisir leur cour sans avoir à intriguer dans les couloirs. Et hop il picore des ministres secrétaires et autres favoris à droite à gauche, c'est le cas de le dire.
Or donc notre roi s'imagine dans sa grandeur qu'il a cassé le jouet favori de la cinquième république : la joute assidue entre droite et gauche molles, partis un peu plus musclés à gauche, bien pourris mode années 40 à droite. Ah bon…  si les partis dits de gouvernement ont disparu dans la tornade publicitaire, c'est qu'ils étaient blets et prêts à tomber. Ils se sont écroulés de leur seul fait à ne plus avoir ni idées ni idéaux, à se vendre au plus offrant des lobbyistes, ils en devenaient incestueux. Dès lors à quoi bon choisir entre l'un ou l'autre de ces propres à rien s'est dit l'électeur bien chauffé par les médias ; il a plongé sur le p'tit soit-disant nouveau comme il se précipiterait sur le dernier gadget à la mode. Je ne peux pas croire que quelque 24 % de mes compatriotes aient agréé cet énarque-banquier sur les idées qu'il aura (ou pas) exposées lors de ses criards discours : on va faire comme ça … en même temps… on va faire comme çi, c'est clair comme un tas de boue occultant fort opportunément les réelles intentions de l'auteur, le syndicat des patrons ne s'y est pas trompé qui s'est mis à frétiller dès le résultat du scrutin confirmé.
Pour la composition de la cour, on allait voir ce qu'on allait voir nom de d'là, ça allait swinguer… on a vu ouais : un  publicitaire de chez Aréva la belle entreprise nucléaire, celle qui ne sait pas construire proprement une cuve ni démanteler des vieilleries saturées de radiations qui commet d'étranges achats façon UraMin… ça c'est pour le premier bien droiteux qui n'a pas manqué de gloser* sur son chef avant que celui-ci ne l'appelle à son pied ; de même qu'il s'est grouillé de se mettre vaguement en règle avec la loi anti-enrichissement personnel qu'il ne souhaitait pas du tout appliquer à sa grandiose personne. Ensuite… voyons voir… un vieux archi vieux parait-il de gauche aux affaires étrangères, un vieux archi encore plus vieux parait-il de gauche à l'intérieur, une femme (quelle audace ! manque de bol c'est du déjà vu) au ministère des armées… bigre là je flippe… pas du tout parce que c'est une femme qui coiffe le képi ! parce que normalement ce ministère est dit de la défense, pas des armées ! tant qu'à faire, il aurait pu y aller direct d'un ministère de la guerre, quel cachotier… en causant de femmes les autres nommées sont cantonnées dans les rôles traditionnellement dévolus aux femmes : le sport, la santé, le travail tenu par la DRH d'un grand groupe agro-industriel youpi ça promet, la solidarité (feinte bien évidemment), l'Europe, les handicapés, etc. La palme, le masque et le tuba au ministre de l'écologie… remarquez ça fait rire c'est déjà ça… le vendeur de shampoing qui passe son temps à se faire payer pour rôder autour de la planète, faire des galipettes dans des avions de chasse ou des hoquets en hélicoptère va nous faire la leçon sur les émissions de carbone… wouahou, ça c'est du casting ! D'autres droiteux ou centristes flasques qui tiennent le crachoir depuis des lustres ont gagné un p'tit pompon, aumône aux lèches-cul. Deux-trois jeunots ni droite-ni gauche (donc droite) aux trucs à la mode : numérique, relations avec je-sais-plus-qui… et puis les éminences grises conseillers spéciaux, l'un d'eux après avoir bien servi le Strauss-Khan (avant qu'il soit mis sur la touche pour cause de galipettes violentes) voulait créer son entreprise  - non, pardon sa start-up - a finalement suivi l'ancien petit président avant de rempiler avec le nouveau, opportunisme quand tu nous tiens. Un autre a déjà les honneurs du Canard Enchaîné, un petit népotisme en famille parait-il.  Vu aussi un petit jeune bien à droite, bien propre sur lui, bien décidé à ne pas respecter la loi sur le mariage homosexuel dans la ville dont il est maire et qui siège à Bercy si je ne me trompe pas. Le roi semble content de sa cour mais pas tellement des lois de la république lui non plus, il ronchonne grave contre les temps de parole accordés aux partis politiques à l'occasion des prochaines élections législatives : douze minutes pour sa troupe puisqu'il n'a ni parti ni groupe parlementaire… et ouais c'est la loi. Lui et deux de ses sbires sont braqués contre des textes législatif, étonnant non ?
La grosse surprise est venue de Madame Nyssen l'âme raffinée des éditions Actes Sud, que va-t'elle faire dans cette galère ? Je lui souhaite bien de la vaillance de s'efforcer à causer culture au roi, lui qui n'a jamais évoqué le sujet dans ses vociférants discours.
Allons allons vile goupil, t'es qu'une sale bête qui se goberge  : c'est tout juste et pourtant j'aimerais que mes compatriotes soient un peu plus réfléchis et combatifs, ça leur  passerait l'envie d'aller se jeter à la tête d'un produit de marquetinge ou d'une faciste.
Pour inaugurer son trône tout à sa joie d'avoir réussi à se vendre à moins du tiers des électeurs, il n'en n'a pas moins oublié qui c'est qu'est le vrai chef dans le quartier, il a filé fissa chez la teutonne… roi chez lui, vassal à côté.
Une petite amabilité aux journalistes : allez ouste c'est moi que je décide quel vermisseau peut suivre mes déplacements à l'étranger. Manque de bol, tous ne sont pas (pas encore) à genoux devant le sceptre et quinze rédactions ont rouspété. Suite logique de l'affaire, une annonce ampoulée des communicants du roi qui raconte que non-non-non jamais d'la vie on fait pression sur les journaux… RSF attend prudemment la suite des évènements dans un communiqué méfiant : "Nous accueillons favorablement les explications fournies et la volonté de dialogue avec les rédactions, et attendons que la preuve soit apportée dès les prochains jours que des limites ne seront pas imposées à la presse pour les besoins du storytelling". Attendons donc.
Quand il glandouillait à Bercy il avait eu quelques paroles qui auraient du interpeler l'électeur : "Il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées. Pour beaucoup on leur explique vous n’avez pas d’avenir à Gad ou aux alentours, allez travailler à 50 ou 60 km. Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire."
En tournée publicitaire dite campagne électorale dans le Nord : "Dans ce bassin minier, les soins se sont moins bien faits, il y a beaucoup de tabagisme et d'alcoolisme…"
Outre la syntaxe malmenée, quelle morgue, quel mépris ! Devant un aréopage de banquiers se serait-il permis de bavasser sur les rails de coke et le whisky à gogo qui circulent à la cantoche ?
Ou encore : "Les jeunes français doivent avoir envie de devenir millionnaires !" Et pourquoi millionnaires, pourquoi pas joyeux inventifs innovants aimables ? 

Je laisse la conclusion à Dilem, excellent comme d'hab. (à suivre par ici.)

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* échantillon : « tribun adepte d’un populisme désinvolte »    « qui n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier » la France paralysée, il ordonne “Lève-toi et en marche !” (...) Et tout ça tout seul, sans réel programme ni réelle équipe. Il suffit de croire en lui. D’avoir la foi. »  in  http://www.lemonde.fr/politique/

24 mai 2017

 

 

 

 

Un p'tit pot d'un p'tit bouquet fleuri odorant dans la douce lumière de printemps…  travailleurs, fainéants, syndicalistes qui préférez la douceur d'une fleurette aux horions et aux coups bas des ras du front, j'offre avec le sourire mon p'tit bouquet du jour

mug17 11886

 1 mai 2017