Evocateur n'est-il pas ! Quoi ? Non… Ah… Si j'ajoute Orient derrière, ça va mieux ?

L'Orient, l'Est… ça m'a toujours fait rêver.

Comment ça m'a pris… euh… dans les gènes ? L'arrière grand-père turc de qui je tiens les yeux bleus m'aurait-il refilé à travers les générations le regard tourné vers cette direction cardinale, hé peut-être… va t-en savoir. Les autres ancêtres s'énervent à lire par dessus mon épaule dont le piémontais à yeux bleus lui-aussi. Mais baste la litanie de mes aïeux est foutrement compliquée, goupil mélangée et bien contente de l'être.

D'un fait fortuit d'enfance ? Probable. Après l'affaire de l'œuf d'or on m'offrit des livres mais aussi de grands albums de textes illustrés.

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Mon premier fut le Million les aventures de Marco Polo, la rencontre avec Gengis Khan

Ça commence bien… en routeOrient

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et puis on voyage pas ordinaire

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Mon enthousiasme à dévorer cette aventure me fit gagner les Contes des mille et une nuits… ah ! Pâmoison, pas moins… seulement un petit bout expurgé, Sinbad, Aladin… j'ai suivi !

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des chevauchées fantastiques…

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et des rencontres fabuleuses…

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on navigue beaucoup, c'est un peu risqué…

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parfois, faut bien le reconnaitre, on est fourré dans des situations un brin pas simples !

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Peut-être bien que je ne suis pas vraiment revenue de ces récits ; toujours un bout d'Orient qui me trotte dans un coin de cervelle.

A peu près à la même époque en farfouillant dans une demeure familiale, j'ai dégoté une vieille édition jeunesse des Contes des mille et une nuits encore. Les illustrations m'ont ébahi, ces traits de plume, ces couleurs…

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J'aimais bien aussi baguenauder du doigt sur des cartes géographiques ou la mappemonde. Tous ces lieux, ces villes aux noms si… si… suggestifs : les tentures et tapis, les arabesques d'or aux portes des palais, les odeurs… musc et épices, les belles dames entortillées dans la soie et le brocart, les gardes chamarrés à poignard redoutable, les chevaux aux riches caparaçons, les lourds bijoux… enfin bon, j'y étais quoi ! Des croûtes aux genoux, les tifs ébouriffés et des gnons partout, je n'avais pourtant pas la dégaine propice à ces délices orientales.

De m'intéresser me fit trier. Je finis par négliger franchement tout l'Extrême de l'Orient. Mes pérégrinations en chambre s'arrêtèrent petit à petit à l'Afrique du Nord, l'Asie Centrale et un bout de l'Asie du Sud, les Proche et Moyen Orient.

De ces fragments d'enfance surgissent d'autres souvenirs, comiques. J'ai entendu ou lu un mot qui m'a fait profit quelques jours ! Ziggourat… wouahhhh !!! C'est quoi ça ziggourat ? Ce mot je me le suis mâchouillé un bon peu histoire de bien en profiter avant de savoir à quoi il se rapportait, tout devenait ziggourat… ziggourat par ci… ziggourat par là…  Quand j'ai su grâce à la méthode "dis Papa c'est quoi……" je suis allée fouiner quoi savoir sur la Mésopotamie mais c'était pas marrant. Bien trop compliqué à comprendre pour une gamine et pas d'ouvrages faramineux avec des beaux dessins pour colorer les rêvasseries. Et mon déguisement ! Ah celui-là c'était quelque chose… Lawrence d'Arabie rien que ça… j'ai tempêté jusqu'à ce qu'on accepte de me faire la même vêture que ce beau monsieur tout fier altier que j'avais vu sur des affiches de cinéma… bah oui quand on est gosse on glisse sur l'écume des choses ; mon père a fabriqué un cimeterre en carton bouilli-papier d'alu, j'étais une vraie terreur avec ce machin brandi en hurlant à l'assaut du noisetier dans le jardin… je rigole rien que d'y penser, n'empêche c'est le seul déguisement dont je me souvienne parfaitement et pourtant j'en ai eu des tas plus riches et moins guerriers.

Pour le Proche Orient, j'avais la Bible à lire… mouais… pas très illustrée !

 

Bien avant ces voyages imaginaires, il y avait eu les "événements", l'empire français qui bat de l'aile, les conversations animées autour d'un mystère : Algérie*.

Mystère facilement percé mais pour comprendre de quoi il s'agissait, bernique. 

En grandissant j'ai mesuré dans quel nid douillet j'étais tombée : des anti-militaristes anti-colonialistes, ça ne pouvait pas faire de bons clients pour l'Algérie française.

Encore un bout de chance, aucun de mes parents n'a dû aller "casser du bougnoule" : mon oncle était trop âgé mon père exempté et affublé d'une sale gamine, moi. Mon parrain, meilleur ami de mon père a dû partir. Aspirant il était. De tout son séjour forcé il n'a réussi à avoir qu'une seule permission pour mon baptême et encore il n'est arrivé que pour le dîner, son avion avait essuyé quelques difficultés au décollage. Il aurait prit un tapis volant ç'aurait eu plus de gueule, il y avait de la place pour atterrir au jardin et puis le pasteur en aurait bavé des ronds de chapeau ! Lui, le parrain, il a laissé un bout d'âme là-bas. Il n'a jamais voulu en parler mais ne pouvait dissimuler si bien qu'on n'en perçoive rien.

Ils étaient inquiets les parents. Nés juste avant que les allemands ne leur tombent dessus avec leur reich de mille ans pour six longues années de galères et malheurs, pas le temps de souffler et paf c'est la guerre d'Indochine sans conscription mais fallait payer pour les colons du caoutchouc… les grand-parents c'était encore pire, ils avaient une vague d'allemands de plus au compteur sans oublier ce que leur propres grand-parents leur contaient de l'invasion prussienne. Ça commençait à bien faire, fallait ficher la paix aux braves gens ,nom d'une pipe !

Or donc, je n'y comprenais rien sauf que j'avais la trouille pour Parrain, je savais qu'une guerre ça tue. 

Et puis j'ai grandi, qui l'eut cru ! A l'adolescence, mes copains rêvaient de tailler la route vers des Katmandou fantasmés des Indes gracieuses où fumer tranquille de l'herbe qui rend nigaud. Je lorgnais plus près le Liban, ah… crapahuter dans la montagne, repaire des Druzes… "mais t'es fada c'est la guerre là-bas !" qu'ils me rétorquaient…  je le savais bien que c'était la guerre, la pire de toutes, une civile les frères s'étripent. Je regardais cet "Orient compliqué" par le biais politique des conflits en cours à ce moment-là. Liban, Palestine, Iran, Irak, Syrie plus un truc pas banal : le front Polissario qui revendiquait un état saharaoui dans le désert du Sahara occidental. Maroc et Algérie voulaient en croquer aussi de ce gros tas de sable. Et voici-voilà que l'Algérie se repointe dans ma ligne de mire d'autant que mon patelin sudiste au bord de mer avait absorbé en partie le débarquement des "pieds noirs" pour l'habitude parlée ou "rapatriés d'Algérie" façon littéraire. Des camps de Harkis aussi particulièrement mal traités et dissimulés aux regards. Je me retrouvais avec deux fers au feu, les évènements du moment et l'histoire ancienne entre mon pays et l'Algérie dont j'avais eu vent dans l'enfance. Revenons-y un peu.

Vous connaissez l'histoire**, l'Algérie département français n'obtient pas son indépendance comme les protectorats du Maroc et de Tunisie.

S'en suit par gradation une guerre qui ne dit pas son nom et déborde sur le sol métropolitain. Des actions pour soutenir les algériens succèdent aux entreprises de la faction colonialiste. Manifeste des 121/contre-manifeste des 185. Massacres en plein Paris, la Seine charrie des corps. Là-bas un général gagne "Massuvement" la bataille à Alger… les pros-indépendance dénoncent les tortures. Manifs et contre-manifs là-bas, un coup les algériens, un coup les français d'Algérie… en face les militaires fort armés : tueries, massacres, revanches croisées entre les deux populations. Un DC3 détourné, les occupants dont le futur président de l'Algérie indépendante arrêtés, le Maroc est furax. Le gouvernement tombe, l'ONU patauge et puis c'est au tour de la République de clabauder. "Un quarteron de généraux en retraite" sèmera la confusion trois jours durant. O.A.S. (Organisation Armée Secrète) de triste mémoire.

De cafouillages en foirades, les morts s'entassent. 

C'est une époque bouillonnante dans les milieux intellectuels, les Aron, Genet, Sartre, Leiris, Roblès évidemment, la grande résistante Germaine Tillon, Maurice Nadeau l'éditeur… quelques vedettes du ciné ou de la chanson aussi… qui débattent publiquement. Quelques-uns mettent les mains dans le cambouis se font "porteurs de valises". De leur côté les colonialistes répliquent vertement.

 

Mais qu'allait-on faire dans cette galère ! Et le plus pas croyable c'est que ça commence par une bêtise, un supposé coup d'éventail du Dey d'Alger à l'encontre d'un consul de France qu'avait peut-être mérité sa supposée baffe… ben merde alors qu'il se dit cet imbécile de Charles X et zou il part conquérir… ouste, du balai les ottomans. Pendant que les prussiens nous chouravent l'Alsace et la Lorraine, on pique un bout d'Algérie et l'Indochine. Pratique, les pauvres gens virés de leur chez-eux dans l'Est français vont se refaire une vie au soleil sur le dos des autochtones qui changent d'occupant. Seulement voilà ça n'est pas une colonisation comme les autres. 

Notre constitution de 1848 déclare l'Algérie territoire français. Logiquement les algériens sont français… et bien non ! Ils sont administrés sous statut d'indigénat agrémenté de mesures d'exception, aucun droit civique encore moins politique. Ignoble, le décret Crémieux leur file encore un peu plus le bourdon aux occupés, les juifs algériens deviennent français, pas les musulmans. Ils finiront par recevoir l'égalité civile trop tard, bien trop tard en 1945. Aux temps des guerres mondiales ils ont eu le devoir d'aller se faire massacrer sous le drapeau tricolore, c'est tout. 

Comment les français ont-ils pu prospérer un siècle sur une terre accaparée sans se soucier le moindrement des autochtones à part les utiliser comme main d'œuvre bon marché ?… sentiment de supériorité, mépris, indifférence ? Comment n'ont-ils pas su s'apercevoir qu'une telle organisation sociale à un français contre huit indigènes n'était pas soutenable à long terme ? Pourquoi dans ces conditions ont-ils organisé des systèmes éducatifs et de santé au bénéfice de tous ou presque ? Qu'espéraient-ils donc et comment pouvaient-ils jouir de la vie tranquillement au contact étroit de colonisés en majorité des nécessiteux soumis ?  Probablement n'y a t-il pas de réponses ou bien il y en a une foultitude, autant que de colons.

Après moult monstrueuses vilenies les accords d'Evian en mars 1962, l'O.A.S. sème la terreur en vain. En juillet c'est l'indépendance.

 

Au début du XXème siècle et considérant que nos ancêtres avaient commis de grosses bêtises sur ce territoire, on aurait pu s'avouer que le statut des indigènes était franchement dégueulasse, intenable, que ça allait provoquer une catastrophe, péter à la figure de l'occupant… et non, dommage on se serait épargné des morts à milliers, des haines et rancœurs tenaces de part et d'autre. L'indépendance serait advenue forcément, quel peuple n'a pas réussi un jour ou l'autre à reconquérir son territoire et son libre-arbitre ! Il n'est pas interdit d'imaginer que la transmission eut été sereine au mieux, moins tragique au pire. 

Nous n'en n'avons pas fini. Aujourd'hui des revanchards fielleux érigent des monuments à la gloire de l'O.A.S. avec la complicité des municipalités, la République ferme pudiquement les yeux quelle honte ! Si les survivants de cette organisation qui a tout commis d'hécatombes en assassinats, de concussions en compromissions pour faire capoter les accords d'Evian, n'avaient pas été réhabilités en 1968 par le grand Charles qu'a encore raté une occasion de se taire, nous n'aurions pas à subir ces iniquités.

Les rapatriés ont été broyés par le conflit c'est indéniable. Beaucoup ne connaissaient même pas le sol métropolitain car contrairement à ce qu'on serait tenté de croire, ils n'étaient pas tous loin s'en faut, d'une richesse suffisante pour se payer le luxe de vacances en mère-patrie ; les paysans ne quittaient pas plus leurs terres que le berrichon ou le normand. En un siècle de présence française, certaines familles en arrivaient à la troisième ou quatrième génération de français d'Algérie, aucune attache en métropole. Ils ont été reçus dans l'animosité quasi générale ; ça incline plus à remâcher de sombres et désolées pensées qu'à envisager vaille que vaille de construire un avenir cet accueil dédaigneux. Les aides matérielles accordées ne pouvaient suffire qu'au pain quotidien, pas à combler le déchirement du départ précipité, définitif. Est-ce une raison pour autant que leurs héritiers nés après cette guerre s'obstinent à colporter des faussetés historiques, se posent en victimes perpétuelles et cherchent à obtenir des réparations impossibles ?

A contrario, on entend que trop peu les français d'Algérie soutiens voire carrément militants au sein de l'armée de libération avec les mêmes risques et périls que l'algérien engagé.

Mais aussi pourquoi tant d'ouvrages, films et livres, ont été interdits censurés si longtemps par notre administration ! Serait-ce donc que notre "apport de civilisation" n'ait pas été irréprochable, nos actions de "pacification" si nettes et sans bavures, le comportement de certains de nos officiers pas à la hauteur de notre passé de "pays des droits de l'homme" ? Pendant la guerre il ne fallait pas d'atteinte au moral de l'armée, après il ne fallait pas que le commun des mortels apprenne. Par exemple, le film "la bataille d'Alger" *** n'a reçu un visa d'exploitation qu'en 1971 mais ne sortit pas sous la pression des associations d'anciens d'Algérie française. Sujet à controverse, ce film servit de modèle aux apprentis militaires en Amérique du sud pour leur enseigner à contrer les rebellions. En 2003 le Pentagone l'a visionné pour comprendre comment fonctionne une guérilla urbaine. La France sait parfois exporter son savoir……

Les deux extrêmes politiques étaient absolument hostiles aux œuvres témoignages ; l'extrême-droite parce que : l'armée a toujours raison, le "bicot" toujours tort et l'Algérie française, un point c'est tout.… le parti communiste parce qu'il préférait qu'on oublie son soutien inconditionnel au gouvernement Guy Mollet, lequel soutien provoqua un gros schisme dans les rangs cocos.

 

J'ai l'âge d'avoir vu arriver les rapatriés mais je n'en ai pas de souvenirs marquants, je me rappelle seulement qu'on se moquait copieusement de leur prosodie et des "bô-bô-bô" dont ils ponctuaient leurs phrases.

J'ai vu un des parcages provisoires (qui a duré !) de harkis rescapés, encore que des animaux eussent été mieux lotis, dans des bâtisses en forme de demi-tonneau, béton et dalle de ciment, une chiche ligne électrique et pas d'eau dans le Var glacial l'hiver, étouffant l'été. Ces supplétifs ont fait le mauvais choix, ont servi la France qui les a délaissés lors du retrait… pas l'once d'une reconnaissance, la mort ou l'internement assuré pour ceux qui sont restés au pays.

Lors de séjours parisiens, j'ai vu les sorties d'usines dégorgeant des gars venus gagner chez le colon de quoi nourrir la famille et surtout scolariser les enfants au pays ; c'est pas croyable tous ces gamins pauvrement pourvus qui, à force d'acharnement personnel et de sacrifices familiaux ont réussi des études supérieures, les plus valeureux ont parfois complété leurs savoirs en France. Il me semble que c'est la seule chose qui ait été un tant soit peu profitable à la population conquise.

A Paris encore… parenthèse souvenir quelques années après l'indépendance… mon père aimait à m'offrir de manger un couscous à Belleville. Des rues animées, des odeurs de cuisine pas habituelle, des gens habillés pas banal, des chaises sur le trottoir au pied des immeubles pour faire la causette entre voisins. Les proches de Papa le traitaient de fada (ça doit être de famille) de me trainer là-bas, c'était dangereux… ah bon… il ne nous est jamais rien arrivé de plus grave que d'être obligé de finir le plat trop copieux faute de quoi on vexait le taulier du bistrac dans lequel on se pourléchait les babines.

 

Depuis le début de ce XXIème siècle, nos gouvernants reconnaissent petit-à-petit timidement le rôle de la France de l'époque. "La pacification", "les évènements" ont fait place à "la guerre d'Algérie" dans la sémantique, pas trop tôt. Un président a souhaité inscrire "le rôle positif de la France outre-mer" dans les manuels scolaires, les historiens ont hurlé et c'est passé à la poubelle, ouf. Pour le cinquantenaire de la guerre a été adopté un jour de commémoration à la mémoire des victimes tant civiles que militaires, il eut mieux valu ne pas les faire ces victimes mais c'est un pas de reconnaissance encore, faut pas trop railler.

Par deux fois nos présidents se sont rencontrés, pas mal mais ils sont en retard et pas qu'un peu ! Dans les milieux intellectuels et universitaires, les échanges sont légion. Des partenariats d'études perdurent croissent et embellissent. Le milieu littéraire et artistique foisonne de rencontres et débats. C'est d'ailleurs pour moi un sujet d'étonnement que tant d'écrivains algériens rédigent en français et pas n'importe lequel : du cousu main, beau vocabulaire et phrases ciselées !  Je ne vais pas m'en plaindre, cela me permet de les lire sans truchement mais le pourquoi conservent-ils la langue du colonisateur me reste mystérieux.

La société civile va toujours plus vite que les politiques. Savez-vous qu'une troupe de lycéens algériens a remporté un “Prix du Public 2013” au festival international de théâtre en Alsace ? Anecdotique me direz-vous… non, les petits pas sont aussi importants que les grands accords internationaux en vue d'une réconciliation qui n'ira pas sans divergences et attrapades. Le fossé originel entre colons et indigènes s'est tant approfondi, transformé en gouffre infranchissable pendant la guerre qu'il faudra ténacité, patience et compréhension pour le combler, faire du terrassement enfin solide. Je souligne ici une notion qui me tient à cœur : comprendre n'est pas excuser. Comment excuser l'injustifiable, l'impardonnable ? Comment effacer, blanchir… passer l'éponge ? Impossible ! Comprendre, se comprendre ça oui on peut. A chacun sa pelletée de part et d'autre du gouffre.

 

Comment m'est venu cet article mal fagoté avec mes pauvres mots… Aujourd'hui l'Algérie se rappelle à mon bon souvenir. Comme ça sans crier gare elle revient, j'ai promis ce papier. Il a fallu cette troisième apparition pour que ma mémoire exhume les anciennes curiosités dont j'avais quelque peu oublié tout l'intérêt que j'en avais eu. J'en suis bien aise !

 

J'ai le sentiment qu'à l'image de cette sensuelle et douce photo à moi offerte, nous sommes les uns et les autres devant une page vierge à écrire. Elle est assez vaste pour tout contenir : l'heureux et le dramatique, les erreurs et les réussites, les saloperies et les bravoures, les enthousiasmes et les horreurs il faudra en convenir.  Quand le souvenir, respectueux ou pas, chipera la place des commémorations qui sont à l'Histoire ce que la boudègue est à la musique, nous serons d'aimables voisins.

 

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  crédit photo © DHIKRA MELLOUHI

 

Aujourd'hui encore les mille et une nuits sont à mon chevet en version intégrale des éditions de la Pléiade, fini les beaux dessins j'imagine mes propres décors. Il me suffit de songer : Chiraz, Bagdad, Bab-el-Mandeb, Izmir, Tizi Ouzou, Samarcande, Al Qods, les jardins d'Hamilcar, Marakech, Istamboul, Ispahan, Tikrit, Djeddah, Monastir, Antioche et tant d'autres qui transportent mes songeries.

Un livre de poche tout décati me suit partout : les robaïyat**** d'Omar Khayyam. Des quatrains à savourer comme douceurs et friandises quand j'ai un moment d'attente :

 

    Le croissant de la fête va monter encor

    et la joie avec lui va prendre son essor.

    Vois, la faucille de la lune est plus étroite :

    comme elle, ton chagrin va rétrécir encor.

 

 

Pour finir… des mots clairs et adroits que j'emprunte, je viens d'inventer la conclusion introductive :

 

- Que vienne la parole pour réconcilier les mémoires…… alors seulement pourrons-nous regarder notre histoire en face. Alors seulement la guerre sera finie.  Maïssa BEY (1)

- L'ère coloniale ne pouvait établir que des relations malsaines entre les dominants et les dominés, vu que le désir candide de "civiliser" l'Autre était constamment en conflit avec la volonté cynique de l'assujettir. Amin MAALOUF (2)

- Il s'agit seulement de comprendre pourquoi cette unanimité dans la rébellion, pourquoi le divorce est si brutal. La vérité c'est qu'il n'y a jamais eu mariage ! Les français sont restés à l'écart. Ils croyaient que l'Algérie, c'était eux. Mouloud FERAOUN (3)

- Seule la vérité peut affronter l'injustice. La vérité ou l'amour. Albert CAMUS (4)

2 février 2014

 

* D'aucun va chipoter et insinuer que l'Algérie n'est pas en Proche Orient. Si les géographes ne semblent pas être d'accord entre eux pour circonscrire les différentes proximités des différents orients, qui suis-je pour discutailler !… J'ai fabriqué mon territoire de rêves à moi qui caresse des bouts de Maghreb et Machrek, de l'ancien empire Perse, des conquêtes ottomanes… un mélange à ma façon quoique je reconnaisse que l'Algérie est au sud de mon terrier manière de ne pas fâcher les savants.

 

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** Pas question ici de produire un cours d'histoire, j'en serais bien incapable ! Un petit résumé des principaux évènements marquants pour évoquer le contexte, les ouvrages érudits ne manquent pas pour s'instruire. 

*** Film de Gillo Pontecorvo primé du Lion d'Or à Venise en 1966 ainsi que du prix de la critique à Cannes, nommé aux Oscars états-uniens, financé par des sociétés de production algériennes et italiennes.

**** dans la traduction de Vincent-Mansour Monteil

 

(1) écrivain algérienne dans la préface du dernier opus des "Carnets d'Orient" (2009) roman graphique de Jacques Ferrandez 

(2) écrivain franco-libanais dans son essai "le dérèglement du monde" (2009)

(3) enseignant, inspecteur de centres sociaux et écrivain algérien kabyle : extrait d'une lettre ouverte du 22 février 1956 adressée à la ligue de l'enseignement que j'ai choisi dans la préface signée d'Emmanuel Roblès pour la publication du "Journal 1955-1962" Monsieur Feraoun fut exécuté par les sbires de l'O.A.S. quatre jours avant le cessez-le-feu

(4) écrivain français , phrases écrites à propos du "Requiem pour une nonne" de Faulkner qu'il a adapté pour le théâtre

 

 

 

 

 


J'en suis sûre et certaine, aucune poule n'a joué quelque rôle que ce soit dans ce qui suit…

C'est une vieille histoire. 

J'étais fort gamine et fort têtue. Je rechignais à tout ce qui me venait de l'école honnie et de ses maîtresses revêches, acariâtres, injustes et bornées. Chaque soir, il me fallait m'asseoir près de ma mère, ce qui déjà n'était que fadeur, et lire à haute voix quelques pages d'un livre. Je ne me souviens pas si c'était un devoir d'école ou un choix maternel l'ouvrage mais c'était d'un ennui profond, d'une bêtise abyssale ; j'ânonnais, butais sur les mots, les liaisons tombaient mal-t-à-propos… Tout pour faire accroire en mon incapacité crasse, comédie dramatique du soir. Pensais-je que si je montrai des faiblesses énormes, on me foutrait la paix et on cesserait de m'envoyer à la torture chaque matin ? 

Un triste soir mon paternel fut endeuillé d'un homme qui avait présidé heureusement une partie de son enfance, du coup la corvée de lecture passa à la trappe. Je n'en fut pas si jouasse, j'aimais beaucoup le vieux qui venait de passer. Les parents partirent honorer le mort nous laissant aux soins d'une grand-mère aussi bête et méchante que sa fille. Ce que j'appelle aujourd'hui un week-end de merde se profilait à l'horizon et il faisait un temps à ne pas mettre un canard dehors… la barbe…

Après quelques chamaillis de pure forme avec le frangin, je ne savais plus quoi faire de ma carcasse et, à ma déplorable habitude, errais à la recherche d'une belle connerie à faire… Comment j'en fus à ouvrir la bibliothèque du père, y choisir le volume dont il s'était récemment régalé, mystère c'est venu comme ça. Et j'ai commencé ma lecture, c'en était fini de renâcler comme une vieille mule…

Ah c'était donc ça un livre !!! Une histoire formidable, des personnages impressionnants, des trucs insensés, un œuf ! Pas n'importe lequel frais pondu, non un œuf d'or rien que ça ! Avec une dame et un monsieur dedans l'œuf… et le plus incroyable pour l'époque, des ruskoffs et des amerloques bossaient ensemble au bout de la terre dans les froids polaires. Nom d'une pipe c'était inouï, magnifique, merveilleux, extraordinaire, fabuleux !… Je dévorais goulûment pour finir avant le retour des parents. Dans mon souvenir c'était un gros livre grand modèle cartonné de première édition. Le manque dans la bibliothèque était visible, fallait le remettre en place au plus vite ce bouquin. A aucun moment il ne me serait venu à l'idée de le brandir triomphalement sous le pif paternel rentré au bercail en expliquant que ça je veux bien le lire, c'est pas de la gnognotte, de la crétinerie de Club des cinq et autre Fantomette… ah misère, Fantomette quel souvenir cuisant ! C'est pourtant ce que j'aurais dû faire : "regardez comme je sais bien lire et venez plus m'emmerder avec vos littératures à deux balles et à la noix réunies !". Et non j'ai planqué l'affaire, quelle balourdise !

Le moment venu de s'aller coucher que faire ? Les parents rentreront dans la nuit. J'ai dégoté une lampe de poche et continué ma lecture sous les draps. Tant captivée que je n'ai pas entendu le bruit de la voiture, j'ai glissé en hâte le livre sous le matelas et ai fait semblant de dormir quand il y eut du bruit dans l'entrée. Mon père vint me faire sa bise habituelle sur le front et… ouf… l'avait rien vu-rien sentu.

Tu parles, il avait bien aperçu une lueur zarbi à la fenêtre de ma chambre (foutu œil-de-lynx) et le lendemain matin m'a tabusté un moment avant que je finisse par avouer mon forfait et quémander le droit de finir l'histoire. Faveur refusée avec un grand sourire argumenté. Zutre……

Je venais de piger qu'un livre peut apporter tant et tant de joies, de savoirs, d'heureuses émotions, révolution copernicienne !… mais pourquoi donc m'obligeait-on à lire des merdes infâmes écrites avec les pieds alors qu'il y avait trente six mille choix aussi épastrouillants les uns que les autres ? Les parents sont schnoques et les maîtresses imbéciles.

L'histoire s'est répandue dans le cercle familial : et ben non, finalement elle est pas complètement demeurée la gamine… et on m'offrit des livres, des vrais.  Deux ou trois ans après cette aventure haletante j'eus le droit d'achever ma lecture commencée en loucedé.

A ce jour, la jouissance ne s'est pas tarie ; une bonne douzaine de livres qui attendent leur tour encombre une table. Dans le tas, il y en a un dont je ne sais pas si je vais oser l'ouvrir, le relire. Je l'ai acheté LE livre premier, celui qui me sortit de l'ornière.

J'ai le pressentiment que je vais être affreusement déçue… quoi ! ce n'était qu'eau de rose, science-fiction d'opérette et trame politique cousue de fil blanc ?

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Bah… Tant pis si je suis déçue, il reste que c'est le premier livre qui m'a transporté ailleurs m'a permis de comprendre qu'en lisant, le monde s'ouvre à soi… à moins que ce ne soit le contraire.

Barjavel était un journaliste célèbre à la sortie de cet ouvrage, je me souviens l'avoir entendu (à la radio, la télé ?) répondant à la question d'un collègue une phrase qui disait à moins que la mémoire ne me faille :  "comment voulez-vous que Sartre ait une juste vision du monde avec les yeux qu'il a !"… J'ai ri. Encore aujourd'hui je souris à cette évocation.

Ce n'est pas compliqué d'apprendre à lire, il suffit de céder au livre qui ouvre la porte pour les suivants, peu importe la qualité littéraire du premier ce me semble.

26 décembre 2013

 

 

 

 


Touche pas au grisby salope !!… Ça vous dit forcément quelque chose ! Pas possible autrement… ou alors c'est que vous êtes fraichement débarqué de la planète Mars !

Pour les ignorants, qui ne devraient pas le rester s'ils ont un peu conscience que l'instruction c'est important pour les boyaux de la tête, il s'agit d'une des répliques de la scène dite "de la cuisine" de l'inénarrable film les Tontons flingueurs de Georges Lautner avec Simonin et Audiart à la manœuvre question dialogues.

Temps d'automne menu complet ce matin et c'est parti pour durer : pluie, vent, feuilles mortes à la dérive… bof, ça ne donne pas envie de se sortir des plumes… et puis cette petite info que distille le poste de radio : "les Tontons flingueurs le célèbre film de…… déjà cité…… a 50 ans ce mois-ci". Saperlipopette, 50 ans !!! Du coup je me lève plus guillerette que prévu grâce aux fameuses répliques qui me reviennent rapido en mémoire….  A y est… j'me marre !

Vraiment trop petite pour le voir à sa sortie ce film, je me suis rattrapée plus tard ; une tranche de poilade bon enfant comme on n'en fait plus avec une brochette d'acteurs qu'étaient pas dans la prétention de servir un chef-d'œuvre ; pas d'introspection, de d'où viens-je - où vais-je - dans quelle étagère, de trucs de couples qui s'aiment-qui s'aiment plus et qu'on n'en n'a rien à foutre de leurs insipides blablas, pas de plans-cul qui durent une plombe pour meubler une inanité de scénario… bref du cinoche des familles, du divertissement pur jus qu'a pas besoin d'étaler du pognon au rayon effets spéciaux… du cousu main au p'tit point quoi.

Faut pas oublier la musique de Magne qui est un personnage à part entière de même que le pop-pop des flinguos à silencieux.

Ouais bon…  je vous accorde que ça casse pas trois pattes à un canard mais nom d'une pipe que c'est bon ce genre d'évasion !

Je me fends la poire à chaque fois qu'il me vient, selon la circonstance, de sortir un bout de dialogue ; de passage à Montauban, j'ai découvert une boutique de la RMN qui vend les figurines des personnages ! Au milieu des copies miniatures de Toutankhamon et autres Discobole ou Vénus de Milo, on s'est déclamé la scène du vitriol le boutiquier et moi… on a fini à moitié pleurant de rire en se tapant les cuisses d'autant qu'on se mélangeait les pinceaux dans les paroles et les ordres de passage… la gueule des autres chalands, j'vous dit pas……

Résumé de la situation : le Mexicain occupé à clabauder dans Paris, se rappelle au souvenir d'un bon pote rangé des voitures du côté de Montauban ; il le fait venir près de son lit de mort pour lui refourguer sa fille et les intérêts d'icelle qui sont placés dans le pastaga interlope et le jeu occulte plus un peu de clandé pour améliorer l'ordinaire. Evidemment les seconds du Mexicain voudraient bien proclamer l'indépendance, notamment les frères Volfoni qu'auraient comme qui dirait des courants d'air dans le tiroir-caisse… et c'est parti pour une heure et demi…

Quelques répliques, mes préférées :

"Et pourquoi pas de la quinine et un passe montagne ? On croirait vraiment que je pars au Tibet."

"Oui, chez moi quand les hommes parlent, les gonzesses se taillent."

"- La psychologie, y'en a qu'une : défourailler le premier !

- C'est un peu sommaire mais ça peut être efficace."

"Ah ! Si c'était une œuvre, alors là !! … Là… c'est autre chose."

"Ouais, n'empêche qu'à la retraite de Russie, c'est les mecs qu'étaient à la traîne qu'ont été repassé."

"Le Mexicain l'avait achetée en viager à un procureur à la retraite. Après trois mois l'accident bête ... Une affaire !"

"Wouellecome seur, maï nème is Djone !"

"Là-bas des fleuves t'as que ça !… à droite, à gauche, devant, derrière, partout et bourrés de crocodiles en plus !…  voilà t'es contente maintenant ?"

"- Mais qu'est-ce que c'est ? Une révolte ?

 - Non sire, une révolution ! Personne ne paie plus rien !"

"Monsieur Fernand ? Y'a peut être une place pour moi dans votre auto… des fois que la réunion devienne houleuse,  j'ai une présence tranquillisante ..."

"Le climat : trois morts depuis hier, si ça doit tomber comme à Stalingrad... Une fois ça suffit. J'aime autant garder mes distances."

"C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases ..."

"Alors là Monsieur Fernand, c'est un désastre ! Une bonne pensionnaire, ça devient plus rare qu'une femme de ménage. Ces dames s'exportent, le mirage africain nous fait un tort terrible… et si ça continue, elles iront à Tombouctou à la nage."

"…Le prix passe la qualité reste…"

"Mais y connait pas Raoul ce mec ? Y va avoir un réveil pénible, j'ai voulu être diplomate à cause de vous tous, éviter que le sang coule, mais maintenant c'est fini, j'vais le travailler en férocité, l'faire marcher à coup de lattes, à ma pogne j'veux l'voir ! Et vous verrez qu'il demandera pardon et au garde à vous ..."

"Patricia, mon petit... je ne voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier, l'homme de la pampa, parfois rude reste toujours courtois mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu !"

"Ouais, quand la protection de l'enfance coïncide avec la crise du personnel, faut plus comprendre, faut prier !"

"- Quand y'a six briques en jeu, j'prétends n'importe quoi. J'ai conduit des tracteurs, des batteuses… et toi qui parlais de guerre, j'ai même conduit un char Patton.

 - Ce n’est pas ma marque préférée."

"Tu fais de l'obsession, t'es la proie des idées fixes.…" 

"…on n'devrait jamais quitter Montauban !"

"Les cons ça ose tout ! C'est même à ça qu'on les reconnaît."

"Bougez pas ! Les mains sur la table. J'vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur et des flingues de concours."

"…Au fond maintenant, les diplomates prendraient plutôt le pas sur les hommes d'action. L'époque serait aux tables rondes et à la détente… Hein ? Qu'est-ce que t'en penses ?"

 "Y'a des impulsifs qui téléphonent, y'en à d'autres qui se déplacent ..."

La scène du vitriol quasi entière :

"- Tiens, vous avez sorti le vitriol ?
- Pourquoi vous dites ça ?
- Eh !
- Il a pourtant un air honnête.
- Sans être franchement malhonnête… aux premiers abords comme ça, il a l'air assez curieux.
- Il date du Mexicain, du temps des grandes heures, seulement on a du arrêter la fabrication, y'a des clients qui d'venaient aveugles… ça faisait des histoires.
- Faut reconnaître, c'est du brutal !

- Vous avez raison, il est curieux hein ?
- J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner. Faut quand même admettre que c'est plutôt une boisson d'homme. 
-  Tu ne sais pas ce qu'il me rappelle ? C't'espèce de drôlerie qu'on buvait dans une petite taule de Bien Ho Har, pas tellement loin de Saïgon… Les volets rouges et la taulière, une blonde comac… Comment qu'elle s'appelait nom de dieu ?
- Lulu la nantaise

- T'as connu ?

- J'lui trouve un goût de pomme.

- Y’en a.
- Et bien c'est devant chez elle que Lucien -le-ch'val s'est fait dessouder.

- Et par qui ? Hein ?

- Ben v'la que j'ai pu ma tête.

- Par Teddy-de-Montréal, un fondu qui travaillait qu'à la dynamite.

- Toute une époque !"

- ... 50 kilos de patates, un sac de sciure de bois, il te sortait 25 litres de 3 étoiles à l'alambic ; un vrai magicien Jo. Et c'est pour ça que je me permet d'intimer l'ordre à certains salisseurs de mémoire qu'ils feraient mieux de fermer leur claque-merde !

-Vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pomme, y'a autre chose, ce serait pas des fois de la betterave ? Hein ?

- …toutes les fluctuations de la fesse, on préfère pas s'en mêler. Moi j'ai un collègue comme ça, transporteur de cocu, y s'est retrouvé criblé en plein jour, rue Godeau, par une maladroite."

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"Non, mais t'a déjà vu ça ? En pleine paix, il chante et puis crac, un bourre pif ! Il est complètement fou ce mec. Mais moi, les dingues, j'les soigne. J'vais lui faire une ordonnance et une sévère ... J'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quat' coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts… façon puzzle. Moi, quand on m'en fait trop j'correctionne plus… j'dynamite, j'disperse, j'ventile."

"Il entendra chanter les anges, le gugus de Montauban ; j'vais l'renvoyer tout droit à la maison mère, au terminus des prétentieux..."

"Oui, c'est le jardinier qui ... tue les taupes !"

"C'est marrant qu't'aies gardé ce côté maquisard… t'es pas en âge d'arrêter tes momeries ?"

 

Certes, c'est pas avec ce genre d'œuvre qu'on devient érudit… m'enfin se récréationner les neurones c'est vital, non ?

Et je vous ai gardé au chaud une p'tite dernière manière de clôturer comme quoi on est d'accord le dialogue et moi :

"Ça, c'est bien vrai. Si on rigolait plus souvent, on aurait moins souvent la tête aux bêtises."

10 novembre 2013