Mais quand aurais-je de nouveau le loisir de rêvasser la truffe coincée dans mes dicos favoris ?
Tant pis, je me contente encore une fois du seul CNRTL dont je ne doute pas que ce site internet soit une référence fiable et de luxe mais un écran si érudit soit-il n'a pas le charme du poids du livre, de l'odeur du papier et des brimborions que j'y avais glissés parfois sans plus m'en souvenir : une fleur toute sèche, un ticket de spectacle ou un n'importe quoi pour marquer une page… pour quelle raison ? Cela m'a échappé.
Le jour béni où je sortirai mes chers bouquins de leurs cartons pour les ranger dans une bibliothèque sera à marquer d'un pierre blanche, d'une croix sur le calendrier, d'un nœud au mouchoir, d'une danse de félicité et d'une bonne boutanche à écluser !
Bibliothèque signifie : "lieu où est rangée une collection de livres." et "bâtiment, salle où sont déposées, rangées, cataloguées diverses collections de livres, périodiques et autres documents que le public peut, sous certaines conditions, consulter sur place ou emprunter." et "pièce, cabinet de travail privé qui renferme une collection de livres." et "meuble à rayonnages destiné au rangement et au classement de livres ou autres documents." et "collection de livres." ; c'est curieux comme la langue est riche de tas de mots pour certaines choses et si pauvre pour d'autres ! Bibliothèque est un pauv'mot harrassé de définitions qui, certes, tournent autour du même sujet le livre mais quand même… un peu d'imagination n'eut pas nui pour nommer le meuble et les étagères car et si j'ai bien compris la signification première désigne le lieu où sont rassemblés les livres.
Les bibliothèques rassembleuses de livres en imposent au goupil moyen que je suis. Ces grands espaces aux boiseries miel, fines sculptures, peintures à fresque et douces lumières paraissent propices au délice de se perdre en lecture.  Du moins c'est ce que j'imagine en regardant les photos que Franc Bohbot* a pris dans ces lieux magnifiques car je n'ai jamais eu la chance d'être conviée à y entrer et suis bien trop ignarde pour oser y avancer ne serait-ce qu'une patte de mon propre chef.
Rien que pour Paris, il y a de quoi se perdre :
La Bibliothèque de la ville avec son plafond en carène inversée, ses verrières et les interminables étagères bourrées de livres est avenante malgré son allure de gros boyau, rôder dans la galerie supérieure doit être un délice

B.Ville de Paris.Bohbot

 

 

La Bibliothèque Nationale de France vaut son pesant de magnifique ! Une salle ovale avec un décor pareil… mazette… on doit se sentir tout petit assis là-dessous. Quelle merveille, un temple à compiler du savoir… dommage que cela ne soit pas très accessible à tout-un-chacun

BNF vraie Bohbot

 

 

 Ma préférence va à la Bibliothèque Mazarine plus sobre moins grandiose et imposante quoique tout aussi ponctuée de vert que ses collègues ; d'où vient que le livre soit si souvent associé à cette couleur ?

B.Mazarine.Bohbot

 

Las, il faut bien évoquer ici la dernière née, la nouvelle bibliothèque nationale… burfff, qu'en dire… du béton gris, des tôles ondulées grises, un vilain boyau qui se presse au plafond, très haut le plafond mais pourquoi donc ? Quelques tables de cantine, des sièges qu'on dirait sortis d'un commerce suédois de grande distribution, c'est d'une froideur assez peu commune… juste une question bête, pourquoi n'y voit-on pas de livres à part quelques reliures qui tombent les unes sur les autres faute d'abondance dans de tout petits rayonnages ? Un signe des temps obscurs que nous commençons à subir ? Suffit-il de savoir qui l'a commandée pour comprendre la laideur inamicale presque hostile du truc ?

BNFMit.Bohbot

 

J'attends mes miens de livres, rien de beau ni de transcendant ; un simple meuble et beaucoup d'éditions bon marché rangées dedans… que j'espère arriver à ranger dedans !

29 juillet 2017

* le site de ce photographe mérite une petite visite !

 

 

 

 

 

Ça commence fort : "ordre, commandement précis, non discutable, qui doit être obligatoirement exécuté et qui est souvent accompagné de menaces de sanctions" selon le CNRTL… ça ne finit pas bien du tout : "emprunté au bas latin injunctio action d'imposer (une charge)"… aïe, ça ne donne pas envie d'être injonctionné !
Il est clair et net ce mot, pas de blablas longs comme un jour sans pain, quatre lignes de texte et hop, c'est dans l'larfeuille. Ce constat me fait amèrement regretter de ne pouvoir farfouiller dans mon cher Littré histoire de lire ce qu'il proposait certes mais surtout de me régaler des exemples, tournures vieillottes et vieux françois fringant que parfois j'ai du mal à piger. Tant pis, je les retrouverai plus tard avec d'autant plus de plaisir mes chers bouquins.
Or donc il y a de l'injonction dans l'air : martelée sur les ondes, étalée à l'envi dans les journaux : faut aller voter pour Micron de la Rotonde sinon c'est la grosse blonde qui va gagner le coquetier et ça c'est pas possible au pays de Voltaire et d'Hugo nom d'une pipe !
J'en ai ma claque sévère de cette injonction, j'eus préféré qu'on m'enjoigne gentiment je n'aurai pas plus obtempéré mais cela m'aurait semblé moins agressif… ah ben non tiens…  enjoindre : "ordonner expressément"… et zut.
Ah qu'ils sont jolis tous ces bons apôtres bien nourris-logés-blanchis. Depuis que le cagoulard Mitterand a extirpé le parti d'extrême-droite du trou puant où il était confiné  histoire de pouvoir exercer son odieux chantage à chaque élection, les deux partis dits de gouvernement enjoignent : ah mais non, faut pas réfléchir électeur de mon cœur, prends un bulletin contre ton opinion s'il ne reste que celui-ci… allez du courage patriotique que diable !… en premier lieu faut faire barrage !… élection gagnée d'avance sans trop s'éreinter à proposer une vision d'avenir, des projets ambitieux, sans surtout écouter ce que souhaite le peuple.

C'est le pauvre électeur tout perdu qui doit se démerder à faire barrage mais qu'ont-ils accompli ces politiques qui eut fait dégringoler la colère sourde de la moitié de la population ? rien-nada-nib-queue d'chi ! Ils tiennent les rênes depuis plus de trente ans persuadés de rester peinardement sur le haut siège du char de l'état puisque le bon peuple va faire barrage bien docilement.

Il semblerait que la grosse ficelle commence à fatiguer à force de raguer sur la mauvaise humeur des appelés aux urnes ;  les deux partis dits de gouvernement rendus aux poubelles de l'Histoire, voilà t'il pas qu'il faut encore faire barrage en allant la tête couverte de cendres déposer un biffeton pour le petit marquis poudré. Chaque président eut-il accepté la demande pressante de la majorité des électeurs pour comptabiliser le vote blanc, en serions-nous rendus à ce choix imbécile ? Je ne saurais l'affirmer néanmoins l'électeur frustré aurait un autre choix que d'aller se perdre chez les bas-du-front, il pourrait exprimer sa rogne bien légitime sans que notre république se vautre lamentablement dans la fange putride.
Les élus des hautes sphères eussent-ils un tant soit peu laissé les historiens travailler à un manuel d'instruction civique au lieu de se goberger de roman national… eussent-t'ils moins abusé du don de costumes, des comptes off-shore, des impôts pas payés, des dîners offerts et chantiers publics truqués, du cirage de pompes, des sociétés de conseil ou cabinets d'avocat exploiteurs de juteux carnets d'adresses, j'en passe et des plusse-pires, eussent-ils évité de reporter sur le dos de la politique européenne* qui n'en peut mais leurs bidouillages et copinages aux fins de liquider les services publics au profit de consortiums privés reconnaissants, le désespéré n'irait pas se jeter dans les bras étrangleurs d'une fille à papa, chaâtelaine de Saint-Cloud adepte des bals-souvenir du IIIème reich et peut-être n'en serions-nous pas rendu à être tympanisés par des faut faire barrage péremptoires.

Advienne que pourra, le responsable et coupable de la situation délétère dans laquelle le pays se trouve est à chercher ailleurs que dans la fouille de l'électeur. Les élections c'est vraiment un piège à cons ; le bulletin est plié dans la carte électorale : si je me déplace je voterai G.R.A.T.

Le ci-devant Micron de la Rotonde, ses proches conseillés issus des cabinets de Strauss-Khann** et sa clique de vieux qui sévissent encore un pied dans la tombe à nous assener qu'il faut trimer-payer-la fermer-voter, non merci.

* qui me défrise un max mais faut pas raconter des bobards non plus

** vous vous souvenez de lui ?  L'affaire de la MNEF, la fameuse cassette Méry que les juges auraient bien voulu écouter pendant le procès du financement frauduleux du RPR, ses largesses fiscales accordées à un tailleur pour dames… un grand personnage qui a possiblement très bien formé ses conseillers à toujours être très bien blanchis.

5 mai 2017

 

 

 

Une de mes expressions favorites quand je m'exclame : "c'est formidable" quand une chose une situation me plaisent… "c'est quand même formidable un truc pareil !" quand j'ai déplaisir ou colère. L'adjectif fourre-tout pas fatiguant toujours prêt à être dégainé histoire de ne pas avoir à discourir.

J'étais assez persuadée, inculte que je suis, d'être dans l'approximation en l'utilisant à tout bout d'champ ; et bien non, ça c'est une trouvaille. C'est effectivement un fourre-tout bien adapté le plus souvent, bonne nouvelle !

N'ayant pas mes dicos favoris sous la truffe, je me contente d'aller voir au CNRTL ce qui se raconte… ouch… littéraire  : qui est à craindre ou qui inspire une grande crainte, qui est dangereux de nature ou terrifiant d'aspect. Usuel  : extraordinaire, qui impressionne par sa force, sa puissance, sa masse ou sa taille. Usuel et familier : très grand, considérable par le nombre, la quantité. Affectif : très beau ou excellent, admirable, très remarquable, extraordinaire. En parlant de quelqu'un : très sympathique, très serviable, etc., extraordinairement doué. Très familier : étonnant, surprenant. Il existe un substantif qui désigne  un verre de bière de quatre-vingts centilitres de contenance ! Ça alors, il faudra que je tente un jour de commander ce formidable histoire de voir si c'est connu du bistrotier… oui mais… ça fait beaucoup un formidable pour moi qui suit désoiffée rien qu'avec un p'tit galopin ; m'enfin puisqu'il s'agirait d'une expérience hein… houp-là je digresse.

Or donc puisque tout est formidable, allons-y gaiement :

l'élection présidentielle Etat-Unienne

les chapeaux de madame la reine du Royaume-Uni

la découverte d'un tableau inédit de Gustave Courbet dans un recoin du musée de Granville

les horions que se distribuent généreusement les rugbymen pour l'amour d'un ballon même pas rond

Fukushima qui pompe depuis plus de six ans sans le moindre résultat ses isotopes baladeurs

l'épopée tricotée sur les océans par les concurrents du Vendée Globe

le résultat du dernier scrutin aux Pays-Bas

les soucis judiciaires de quelques hommes et femmes politiques qui ne savent pas distinguer l'argent public de l'argent de poche

le regard ahuri d'un chien qui se fait embrasser par un agneau perdu

la tempête Zeus la bien nommée

la famine qui sévit en Afrique de l'Est, en Somalie… nous sommes au XXIème siècle…

la Méditerranée la belle devenue un cimetière où l'Europe politique va finir par sombrer elle aussi faute de s'être rendue compte qu'il existe des peuples pas seulement des banques et des lobbies

se régaler d'un bon bouquin en sirotant un p'tit verre après une journée bien remplie

2043 milliardaires se partagent 7 670 milliards de $ dans le monde, 800 millions de personnes vivent sous un seuil de pauvreté évalué à 1,90 $/jour soit 693,50 $/an

l'aurore qui rosit quelques petits nuages timides qui s'éparpillent en désordre, il fait beau

les femmes kurdes en lutte acharnée

les bourgeons qui débourrent au noisetier

l'odeur d'un mijotis sur la boisinière

l'allemagne qui s'offre la Grèce après avoir refusé de lui verser les dommages de la dernière guerre

au marché la gouaille du poissonnier

la visite du rouge-gorge au matin

le petit ministre type premier d'la classe mais qu'a raté normale sup. (hin-hin-hin) qui veut faire président et qu'a tout piqué à Lecanuet* : la même gueule d'empeigne, le même slogan France en marche… sauf que ce précédent prétendant fut un très jeune agrégé de philo et résistant pendant la guerre, pas banquier

l'odeur du café qui me chatouille les narines et m'incite à aller déguster au salon en vous laissant énumérer d'autres "formidable !"

"On vit une époque formidable" assurait Reiser dans les années 70 au siècle dernier , ça se confirme :

1979 petit jesus

medicam reiser

non datereiser

 

Last but not least comme on dit en bon français, celui-ci ne risque pas de prendre des rides !

couv charlie elect

 

*candidat contre Mongénéral en 1965, ça nous rajeunit !

1avril 2017