Lire au quotidien.

Avec les méthodes modernes, il me semble que je lis de plus en plus. A part les journaux et les livres je veux dire. Dans la vie quotidienne comme elle va, j'ai commencé à lire des télex. Qui se souvient de cette machine magique et encombrante qui faisait un bruit hystérique en tremblotant, nous sortait un petit papelard dont les mots venaient de loin souvent, bien au-delà des coins de notre hexagone ? Y en a-t-il encore de ces outils de communication ?  Sais pas.... La grosse machine bruyante a dû laisser la place à une petite télé moche qui ne fonctionnait pas trop mal mais ça n'avait pas la magie du télex le Minitel et puis ça ne crachait pas un petit papier, le nôtre non en tout cas. Fallait penser à consulter et prendre note. Et puis c'était franco-français, pas de rêverie possible. Et maintenant, alors là maintenant c'est le top du top, le pompon doré sur tranche -quoi ? Un pompon n'a pas de tranche ? Ah.... on m'aura trompée- l'internet ! Non seulement on lit ses messages tous les matins mais on tartine des pages comme je le fais à l'instant. Lire, lire, lire et encore lire.... Ça me plaît. Je cause écrit quand j'ai envie et le temps et la frite, vous lisez de même.

Je peux envoyer à sept heures du mat' un message à un lève-tard qui me répondra à minuit et demi, c'est bien d'autant que je n'aime pas, n'ai jamais aimé le téléphone. Et puis par téléphone, je ne peux pas envoyer une photo, un document, un dessin, une connerie quelconque qui va faire sourire mon interlocuteur un instant.

Comme pour les médailles, il y a un avers et un revers, dommage. Pourquoi donc que l'inventeur des médailles n'a pas pensé à cet inconvénient majeur, une face eut suffit à grandement nous simplifier la vie ! Comment ça, c'est pas possible  ? Gros manque d'imagination et pis c'est tout, ah mais !... Hummm.... je reviens à mon mouton revers. La moindre des choses quand on écrit est d'être lu, que quelqu'un quelque part déchiffre les signes pour en faire dans sa tête du signifiant. Bien, bien, bien mais ça ne marche pas à tous les coups ! Je me demande si ce n'est pas l'immédiateté technique qui provoque la lecture diagonale et la compréhension biaisée qui va avec. A l'instant, je viens encore d'en avoir la preuve : je me décide à vendre tout mon matériel d'équitation, un crève-cœur. Je poste une annonce où ça va bien sur la toile en précisant expressément que les prix sont fermes, que je n'envoie pas, qu'il faut payer à l'enlèvement. Que croyez-vous qu'il arrivât ? Tous les intéressés me demandent soit d'envoyer, soit marchandent, soit les deux à la fois ! Mais qu'est-ce qu'ils ont lu nom d'une pipe en bois d'arbre ! C'est bien la peine que je me sois cassée la nénette pour faire court et concis, arf...

Et la prochaine fois que je réponds à côté de la plaque à quelqu'un, je vais me pendre un p'tit quart d'heure manière de méditer le papier que je viens d'écrire.

18 novembre 2011

 

 

C'est bien le jour, 11 novembre. 2011 de surcroît, 11-11-11 pour amuser les numérologues et autres rigolos pourvoyeurs de billevesées. A l'origine, c'est aux gars envoyés au champs d'horreur de 14-18 qu'était destinée cette cérémonie célébrée en grande pompe par le pays. La der des der.... arf.....

Maintenant le chef voudrait nous faire avaler qu'il faut commémorer tous les morts envoyés au combat par la patrie. Ah bon ? Toutes les guerres seraient donc les mêmes ? 14-18, on envoie des conscrits par milliers se faire trouer de la manière la plus barbare qui soit pour sauvegarder des intérêts planqués à l'arrière comme le populo l'avait bien compris à l'époque. 39-45, on envoie au casse-pipe des mecs à cheval contre des tanks, c'était contre une occupation dictatoriale, une extermination de masse, pas pareil quand même. Indo et Algérie c'est encore et toujours de pauvres hères qui sont envoyés contre l'autochtone forcément traître et vicieux ; colonial tout le truc, rien à voir avec les précédentes. A l'instant c'est en Afghanistan que des français (entre autres) cassent la pipe, des militaires engagés pour aller péter du bougnoul pour le plus grand plaisir d'une poignées de gros intéressés à mettre la pogne sur ce coin de planète.

Pour faire court hein..... Et parce que ce n'est pas à moi de développer, un tas de gens très compétents ont travaillé sur le sujet, z'avez qu'a vous renseigner.

Faudrait donc mélanger tous ces morts ; les uns conscrits happés par la république pour sauvegarder les aciéries et l'industrie qui va avec, les suivants tout aussi conscrits à l'appel de la liberté et du refus de la dictature avant le piteux armistice, les suivants dont encore des conscrits, aux ordres des colons cousus d'or pour fondre sur le dos des anamites et des ratons comme ils les nommaient si délicatement, enfin les derniers ceux d'aujourd'hui qui sont des professionnels, qu'ont signé leur engagement et qui savent à quoi s'en tenir en matière d'accident du travail.

Ça ne me dit rien qui vaille cet amalgame, si je pouvais chanter sans faire fuir tous les êtres vivants à dix lieues à la ronde, c'est Craone que je chanterai aujourd'hui :

 

Quand au bout de huit jours, le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile,
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots,
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut, en baissant la tête.

 

Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme,
C'est à Craonne, sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau,
Car nous sommes tous condamnés,
Nous sommes les sacrifiés.

 

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrances,
Pourtant on a l'espérance,
Que ce soir viendra la relève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier, un chasseur à pied
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe,
Les petits chasseurs vont chercher leur tombe.

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si, pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la même chose.
Au lieu de s'cacher, tout ces embusqués
Feraient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien car nous n'avons rien
Nous autres, les pauvres purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendre les biens de ces messieurs là.

 

Dernier refrain:
Ceux qu'on l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur l'plateau:
Car si vous voulez la guerre
Payez-là de votre peau !

 
11 novembre 2011

 

 

 

"Action de croire, confiance" me dit M'sieur Littré.

"L'action de, le fait de croire une chose vraie, vraisemblable ou possible" ajoute M'sieur Petit Robert.

Bah alors je crois qu'il pleut aujourd'hui parce que je suis rentrée toute mouillée de ma promenade matinale. Pourquoi je crois qu'il pleut ? Non ! Il pleut, c'est avéré, vrai, juste, pertinent, réel.... J'suis mouillée quoi ! C'est compliqué la langue française. Si croire est avoir confiance, il suffit donc de croire pour n'avoir pas d'emmerdes. T'es devant un pont tout pourri, au dessous la rivière en crue gronde dangereusement, tu crois que ça va tenir le temps de ton passage donc t'as confiance ? Ah ?  T'es quand même dans l'ordre du possiblement il va tenir le pont pourri ; avoir confiance dans du "possible ça tient-possible j'me vraque dans la flotte en furie", ça ne serait pas un petit manque de réflexion et de jugeote ?

J'avoue tout et tout de suite, je ne crois en rien ni en personne sauf les rares jours de réflexion ou je me prends pour Camus  -rien que ça-  et alors là, je crois dur comme fer en l'absurdité de la vie. Finalement je crois en quelque chose quand même, je me suis fais avoir par mon propre raisonnement ; ce n'est pas pour autant que j'érige des chapelles, casse les pieds voire pire aux voisins parce qu'ils ont d'autres croyances aussi étonnantes les unes que les autres. A leurs yeux elles sont vraisemblables, possibles et même carrément vraies pour quelques-uns. Je veux bien leur foutre une paix royale à la condition non négociable qu'ils en fassent autant...... C'est pas gagné ! La séparation de l'église et de l'état est sapée lentement mais sûrement ; les croyants de tout acabit s'échinent à se ré-approprier tout le pouvoir qui leur a été confisqué avec les biens d'église en 1905.

Dans un état laïc comme se prétend mon pays, chacun est libre de son esprit.... devrait être libre de son esprit. Et alors pourquoi donc que les pécunes publiques doivent entretenir des lieux de culte, des écoles confessionnelles, assurer le salaire de profs, de prélats et autres engeances nuisibles à la laïcité proclamée ? Mystère ou calcul politique ? Que l'état prenne en charge les lourdes contraintes d'une magnifique cathédrale qui fait partie du patrimoine, pourquoi pas mais il serait bien judicieux de faire un peu cracher au bassinet les gars du Vatican pétés de thunes et pas franchement portés sur la doctrine franciscaine.

En ce moment et si on me demandait mon avis, je préférerai filer du pognon aux nécessiteux que redorer la pilule à du plâtre. Quand bien même, c'est secondaire les sous.

Le problème crucial c'est le prosélytisme et son immanquable corollaire l'obscurantisme.

Une pièce de théâtre n'a pas l'heur de plaire à telle confession et c'est parti mon kiki ! De la procession, des invectives et des horions assaisonnés à la prière "ohmondieumondieumondieuquecépabotouça" d'une foule de croyants contre des spectateurs ébahis de tant de bêtise. Un jeune manifestant a raconté au micro d'une radio qu'il n'avait pas besoin de voir la pièce pour se faire une opinion... tiens donc, il crois que..... En l'occurrence il se goure complet même son patron l'évêque l'a dit et redit, arf.....

Un journal hebdomadaire, assez peu recommandable pour cause de visions intégristes à géométries variables, édite un truc satirique bien gras pas fin et paf, c'est reparti mon kiki ! Le résultat ne s'est pas fait attendre. Il s'est trouvé un croyant pour balancer un truc chaud-bouillant dans les locaux.... encore que là.... hop-hop-hop..... attention, l'enquête de police n'est pas bouclée. Pourquoi que j'en cause alors si je ne suis pas sûre de l'info ? Et bien voici-voilà, les faits incontestables ne sont pas encore attribués à un quelconque pékin que tout le monde médiatique et politique ou presque se met à hurler haro sur le mahométan, cet unanimisme n'est pas sans rapport avec le retour en force des bondieuseries. Et puis, à qui profite le crime ? Mais c'est un autre sujet.

Quelques années en arrière, un patelin proche du mien avait choisi de causer érotisme en littérature lors de son annuel salon du livre. Manque de bol, cette manifestation culturelle se déroule chaque année dans une ancienne abbaye appartenant au conseil général du département. Qu'advint-il alors ? L'érotisme partit en fumée avec tous les bouquins par la "grâce" de crânes rasés bien bas de plafond et bien frustrés par leur endoctrinement sans joies.

Alors ? On se laisse tondre la liberté de conscience comme ça sans rien dire, rien faire, rien tenter ! 

Imaginons que les incroyants, athées, libres penseurs qui sont plus légion qu'on ne le pense se mettent à envoyer des trucs qui pètent et détruisent contre les églises, les temples, les mosquées, les synagogues et autres lieux découverts à marée basse, que se passerait-il ? Et bien on n'aurait pas fini de les entendre glapir tous ces inféodés déistes quelle que soit leur obédience, ils sont alliés objectifs - quoiqu'ils se détestent peu cordialement -  quand il s'agit d'agiter le nom de leurs idoles.

Mais non, les incroyants ne commettront pas ce genre d'imbécillité, ils préfèrent l'instruction à la destruction. La liberté de conscience est une et indiscutable, vas prier ton dieu imaginaire si t'as envie mais fous moi la paix nom de nom de rien du tout, pas plus de dieu que diable ou autre chimère !

Aimez-vous les uns les autres qu'ils disent........... bande d'hypocrites.......

6 novembre 2011